mardi 8 septembre 2015

Septembre 2015 (oui, déjà) : l'an 02


Deux ans ça va faire qu'on fourmille sur cette prairie...en octobre, le 14...à scier du bois et creuser le sol...deux ans !...pourtant tout est toujours neuf. Soit que ça n'a pas eu encore le temps de vieillir, soit que c'est déjà cassé, rouillé, ruiné, digéré par le sauvage tempérament de Cravent !...tout est ici solide ou bientôt calanché, les hommes, les bêtes et le reste. On croirait pas en Ile-de-France à quel point c'est rustique la vie à la campagne... 

Le foin, façon bloc soviétique...

...et puis le foin, façon bloc occidental.

Tout est neuf aussi parce qu'on invente tout le temps de nouvelles activités...on a fait un troisième lardon, un gros gaillard...il a bon goût, il pense qu'à tortorer, se jette sur la bectance ! le vautour ! maintenant il veut arquer, mais sur ses gros poteaux il tient pas longtemps, faut étayer, à bout de bras !...son frangin lui serine qu'il est lourd comme du plomb...c'est aimable.

L'effet Yaourt de Brebis de Cravent...

On a eu les agneaux, mais ça aussi c'est vite oublié, à présent c'est des gros machins bouclés qui rasent les prairies, et cherchent obsessionnellement à s'étrangler dans les filets qui font clôture...il y a bien Two-two, la petite brebis déhanchée à qui on a pendu une sonnaille, bling beling, on ne la perds pas, et puis elle suit tout le monde, ça plaît...
Ensuite le chapitre d'après, ça a été la machine à traire, mais là j'ai pas trop le moral de raconter parce que ce fut un méchant massacre pour les brebis...elles ont payé le lourd tribu, d'une boîte qui sait pas régler une machine, mais qui ne se renseigne pas non plus...

Le célèbre panneau
Les fromages, les yaourts, la brousse, il s'est fallu de quelques dégustations, pas grand chose pour convaincre...je m'embête plus, je promet l'orgasme, rien de moins !...le yaourt ?...soit-disant que les pots étaient trop gros, que peut-être ça avait "le goût" !...foutaises !...salades !...balayés les préjugés !...pfuittt, un coup de cuillère dans le pot et hop !...encore deux, trois, dix conquis !...drogués !...ils reviennent, avec les pots vides, demandent s'il y en a encore ?...leur dire non, y'a rien de pire pour eux...

La fabrication du fromage, par Yann...

Le fromage, ça s'est amélioré, à force...c'est plus long, faut le temps d'affiner, de voir ce qui est bon, ce qui l'est moins...on salait pas assez...c'était trop sec, trop humide, il y avait toujours un détail qui n'allait pas...et puis une fois, on goûte une tomme, et alors le chemin semble plus clair, on s'approche !...on fournit même un mariage !...on exporte, bien malgré nous !...la Russie !...en plein embargo !...notre tomme à Moscou !...

Pol, qui a rejoint John. Manquent Georges et Ringo.

Les autres fromages, on n'a pas le temps d'affiner...à peine fleuris, ils sont cueillis, découpés, broyés, dégustés...nature, avec du poivre, des herbes, du piment...des mélanges pas croyables, avec du pavot, du garam masala, de l'ortie...ça se marie de tout !...la brousse, pareil !...elle se cuisine, de toutes les façons : gâteaux, entrées, crêpes, salades, pizzas, en farce ou en sauce...c'est notre gibolin, la brousse, on va étudier les versions pour cigarette électronique, dégrippant, eau bénite, contre l'acné, les crampes d'estomac, pour désherber !...

Les brebis se ramassent à la pelle...soiffarde, va !...
Tout ça c'est bientôt fini. Rien de grave !...c'est le temps de gestation...pas du quatrième, non, on peut pas, il faudrait changer de traîne-cons...non, c'est la gestation des brebis...cinq mois, on les laisse un peu tranquilles les belles !...qu'elles passent Noël en paix !...nous aussi !...pour une fois !...au chaud, au calme, avec de l'électricité, de l'eau chaude, tout le paquet moderne !...un sapin qui clignote, un poêle qui ronfle, et du vin blanc d'Alsace !...dans trois semaines, on arrête la traite, on arrête les yaourts, la brousse, les petits fromages, un genre de carême des produits laitiers de chez nous...il restera les tommes et, pour les amateurs, des agneaux en morceaux...
 
Yann en meneur de troupes